Batterie de téléphone : reconnaître l’usure, et ce que change un remplacement
Une batterie perd environ un cinquième de sa capacité en deux ans d’usage normal, et c’est la première cause de remplacement d’un téléphone qui fonctionne encore parfaitement. Trois signes permettent de la reconnaître, et un remplacement coûte une fraction du prix d’un appareil neuf.
Ce qui s’use, et à quelle vitesse
Une batterie au lithium vieillit de deux façons : par cycles, chaque charge complète comptant pour un cycle, et par le temps, indépendamment de l’usage. Les fabricants annoncent en général le maintien d’environ quatre-vingts pour cent de la capacité initiale après cinq cents cycles complets, ce qui correspond à deux ans pour un usage courant. Passé ce seuil, la baisse s’accélère, et c’est ce qui donne l’impression d’une panne soudaine alors que la dégradation était progressive.
Deux facteurs accélèrent nettement cette usure. La chaleur d’abord : une batterie qui travaille au-dessus de trente-cinq degrés se dégrade beaucoup plus vite, ce qui explique l’effet d’une charge rapide répétée, d’un jeu exigeant en charge, ou d’un téléphone laissé derrière un pare-brise. Les décharges profondes ensuite : maintenir la charge entre vingt et quatre-vingts pour cent prolonge sensiblement la durée de vie, et beaucoup de téléphones proposent aujourd’hui de plafonner la charge pour cette raison.
Les trois signes d’une batterie à remplacer
Premier signe, le plus fiable : l’état de santé indiqué par le téléphone lui-même. La plupart des systèmes récents affichent une capacité maximale en pourcentage de la capacité d’origine. En dessous de quatre-vingts pour cent, un remplacement se justifie ; en dessous de soixante-dix, l’autonomie devient un handicap quotidien. Cet indicateur est calculé par le téléphone et il est fiable à quelques points près.
Deuxième signe : l’arrêt brutal alors qu’il reste de la charge annoncée. Un téléphone qui s’éteint à vingt pour cent, surtout par temps froid, décrit une batterie dont la résistance interne a augmenté au point de ne plus fournir le courant demandé. Troisième signe, et celui-là impose de s’arrêter immédiatement : le gonflement. Une coque qui se décolle, un écran qui se soulève, une vitre arrière bombée indiquent une batterie en train de gonfler. On n’appuie pas, on ne perce pas, on ne charge plus, et on fait retirer la pièce sans délai.
Ce qui ressemble à une batterie usée sans en être une
Avant de conclure, trois causes doivent être écartées, parce qu’elles produisent la même sensation de perte d’autonomie. Une mise à jour majeure du système, qui réindexe et synchronise pendant quelques jours et consomme beaucoup pendant cette période. Une application qui reste active en arrière-plan, ce que la liste de consommation par application montre en quelques secondes. Enfin une mauvaise réception, qui est la cause la plus sous-estimée : un téléphone en limite de couverture augmente sa puissance d’émission et vide sa batterie en quelques heures.
Le cas du téléphone qui ne charge plus mérite aussi d’être distingué. Neuf fois sur dix, il ne s’agit pas de la batterie mais du connecteur, encrassé par la poussière de poche. Le nettoyage se fait avec un objet non métallique et sans souffler dessus, et il faut essayer un autre câble et un autre chargeur avant de conclure, ces deux pièces tombant en panne bien plus souvent que le téléphone.
Remplacer : ordres de grandeur et précautions
Un remplacement de batterie coûte, selon les modèles et les régions, l’équivalent d’un dixième à un cinquième du prix d’un téléphone de milieu de gamme, et il rend l’autonomie d’origine. C’est l’intervention la plus rentable de la téléphonie mobile. Deux réserves cependant. Les téléphones récents sont collés, et l’ouverture demande une source de chaleur contrôlée et des outils fins : c’est faisable, mais un écran cassé à cette occasion annule tout le bénéfice. Certains appareils affichent en outre un avertissement de pièce non originale, sans conséquence sur le fonctionnement mais qui peut désactiver l’indicateur de santé.
Avant toute intervention, faites une sauvegarde complète et vérifiez qu’elle est lisible, désactivez le verrouillage lié au compte si l’atelier le demande, et notez le code de déverrouillage. Un téléphone remis à un réparateur doit pouvoir être allumé et testé, et un appareil qu’on ne peut pas démarrer ne peut pas être vérifié après réparation.
Questions fréquentes
Faut-il laisser un téléphone charger toute la nuit ?
Ce n’est pas dangereux, la charge s’arrête à cent pour cent, mais ce n’est pas idéal : la batterie passe alors des heures à sa tension la plus haute, ce qui accélère son vieillissement. La fonction de charge optimisée présente sur la plupart des téléphones récents résout exactement ce problème en terminant la charge juste avant le réveil, et elle vaut d’être activée.
Une batterie de remplacement doit-elle être d’origine ?
Ce n’est pas obligatoire, mais la qualité des cellules varie beaucoup et une batterie très bon marché tient souvent moins d’un an. Les deux critères observables sont la capacité annoncée, qui doit correspondre à celle d’origine, et la présence d’une électronique de protection. Une capacité annoncée très supérieure à celle du modèle d’origine est un signal d’alerte plutôt qu’un avantage.
Que faire d’une batterie usagée ?
Elle ne va ni à la poubelle ni au tri classique. Les batteries au lithium présentent un risque d’incendie réel dans les centres de tri, et leur collecte est organisée : bornes en magasin, déchèteries, réparateurs. Une batterie gonflée se transporte dans un contenant rigide, sans être comprimée, et se remet directement à un professionnel.